Romains


Vue générale

Après les salutations et actions de grâces habituelles, l’apôtre Paul introduit le thème de son épître - la justification par la foi – en s’aidant d’un texte de l’Ancien Testament (Ha. 2,4).

Les trois premiers chapitres énoncent le premier point : tous les hommes sont pécheurs. Paul commence par décrire l’idolâtrie et l’immoralité dont se rendent coupables les Gentils ; étant donné la manifestation de la puissance de Dieu dans la nature et le témoignage que rend leur propre conscience, les Gentils sont jugés responsables, car « ceux qui pratiquent de telles choses sont dignes de mort ».

De leur côté, bien que favorisés par le fait qu’ils ont reçu les oracles de Dieu, les Juifs sont également déclarés pécheurs. Les Gentils ont péché sans la loi : ils périront donc sans la loi. Les Juifs ont péché sous la loi : ils seront donc jugés par elle. « Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu ; mais ceux qui pratiquent la loi qui seront justifiés ».

Ainsi, ni les Juifs ni les Gentils ne pratiquent la loi : « Ils n’y a pas de juste, pas même un seul ». « Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi ». Si quelqu’un doit être justifié, il faut donc que Dieu lui offre gratuitement la justice dont il a besoin pour être acquitté, ce qui se fait par la vertu de la mort propitiatoire de Christ. Son sang versé satisfait la justice de Son Père, de telle sorte que Dieu peut à la fois être juste et justifier celui qui a foi en Jésus.

En prenant Abraham comme exemple, le chapitre 4 explique plus en détail de quelle manière Dieu impute la justice, sans le secours de nos œuvres. Le chapitre suivant compare Christ et Adam. Si tous ceux qui sont semblables à Adam ont été rendus pécheurs par sa seule offense, tous ceux qui sont en Christ sont rendus justes par Son obéissance.

Répondant à l’accusation selon laquelle la justification par la foi est un encouragement au péché – « Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? » (6,1) – Paul explique que le croyant sincère vient à Christ pour échapper au péché. La justification produit la sanctification et le combat que mène celui qui la recherche est la preuve du fait que nous avons échappé à la condamnation. Nous appuyant sur notre prédestination et sur l’amour immuable de Dieu, nous pouvons avoir l’assurance du salut.

La justification par la fois, le rejet des Juifs et l’inclusion des Gentils ne sont pas incompatibles avec les promesses faites par Dieu à Israël. Ces promesses ont été faites non aux descendants physiques d’Abraham, mais à ses descendants spirituels. Dieu a choisi Jacob et rejeté Ésaü. Ces choix et ces exclusions sont inhérents aux promesses. Le choix de Dieu est souverain ; Il est comme le potier qui fabrique les vases selon sa propre idée.

Cependant, il arrivera un jour où les Juifs, dans leur ensemble, seront greffés de nouveau, après avoir été retranchés de l’Église pour permettre aux Gentils d’y entrer. Si donc le rejet momentané des Juifs a eu pour effet la réconciliation du monde, leur future réintégration sera comme une vie issue d’entre les morts.

A cause de ces grâces de Dieu, chaque chrétien devrait accomplir les fonctions qui lui reviennent dans l’église avec zèle et simplicité. De même, au niveau politique, chaque chrétien se doit d’être un bon citoyen. Enfin, au niveau purement social, le chrétien mûr s’adapte aux frères faibles qui sont encore aux prises avec les scrupules et la superstition.

Pour terminer, Paul exprime l’espoir d’aller voir les Romains en allant en Espagne et il ajoute au bas de sa lettre quelques salutations personnelles.

L’auteur

L’épître aux Romains, l’épître la plus longue, la plus systématique et la plus profonde de toutes, est peut-être le livre le plus important de la Bible : elle est l’œuvre de l’apôtre Paul. Il l’écrivit pendant son séjour à Corinthe. La remarquable composition de cette lettre laisse supposer qu’après avoir vécu quelques expériences tumultueuses, l’apôtre eut un temps de loisir avant d’apporter la collecte aux chrétiens de Jérusalem. C’est pourquoi nous pouvons envisager une date de composition aux environs de l’an 58. A la différence des autres épîtres, celle aux Romains fut écrite à une église que l’apôtre n’avait jamais eu l’occasion de visiter. Toute l’ingéniosité des critiques destructeurs n’a jamais réussi à atteindre l’authenticité de cette épître.