Lévitique

Le troisième livre de Moïse

Vue générale

Comme l’indique son nom « Lévitique », le troisième livre de Moïse met en exergue la fonction des prêtres d’Israël, c’est-à-dire les membres de la tribu de Lévi que Dieu avait choisis pour Le servir dans Son sanctuaire. De nombreux chrétiens pensent ainsi que le Lévitique est une sorte de manuel technique qui ne servait qu’aux anciens prêtres ou sacrificateurs, et contenait les détails relatifs aux cérémonies de l’époque qui ne sont plus observées de nos jours par le peuple de Dieu. Il s’ensuit que le Lévitique est aujourd’hui la partie du Pentateuque que les croyants apprécient le moins. Cependant, son message était, à l’origine, destiné à tous les croyants. Les vérités qu’il contient sont d’ailleurs d’une importance primordiale pour le peuple de Dieu. Le Lévitique est en réalité la première révélation détaillée de ce thème vivant qu’est le Grand Livre en tant que tout ou ensemble uni, c’est-à-dire le chemin que Dieu a tracé pour permettre aux hommes de revenir à Lui. Le verset-clé de ce livre contient à la fois l’idée de l’activité rédemptrice de Dieu et de la réponse appropriée de l’homme à son Créateur : « Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Eternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi ».

Pour que le salut s’accomplisse et que l’homme soit rendu à son Créateur, il faut que Dieu Lui-même offre un moyen d’accès à Sa présence. La première moitié du livre du Lévitique (chapitres 1 à 16) nous présente ainsi une série d’actions religieuses qui illustrent comment Dieu rachète les perdus, en les séparant du péché et de ses conséquences. Les divers sacrifices n’étaient que des anticipations de la mort de Christ au Calvaire où Celui qui était sans péché souffrit à notre place les manifestations de la colère de Dieu, afin que la rançon de notre culpabilité soit acquittée. Les sacrificateurs du Lévitique annonçaient le service fidèle de Christ dont le but était la réconciliation pour le pardon des péchés du peuple. Les lois sur la pureté étaient là pour rappeler continuellement au peuple la nécessité de la repentance et de la séparation de l’impureté, qui caractérisent les rachetés. Quant au grand jour de la fête annuelle des expiations, il proclamait le pardon accordé par Dieu à tous ceux qui s’humilieraient dans un engagement fidèle envers Christ, qui leur offrirait l’accès au ciel même. Le salut n’est pas seulement la séparation d’avec ce qui est mauvais : c’est également le fait de s’unir avec ce qui est juste. C’est la raison pour laquelle la seconde moitié du Lévitique (chapitres 17 à 27) nous présente une série de règles pratiques auxquelles doivent se conformer tous ceux qui veulent vivre dans la sainteté. On y trouve des expressions ou des actions relatives aux cérémonies et au culte d’adoration, mais surtout des règles propres à la conduite quotidienne. Christ Lui-même a résumé la loi divine dans l’idée de la nécessité d’un amour total envers Dieu, et en citant également cette phrase tirée du Lévitique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

De par sa forme, le Lévitique apparait d’abord comme étant un ensemble de lois données par Dieu : « l’Eternel appela Moïse … et dit : Parle aux enfants d’Israël et dis-leur … ». Les deux récits historiques (chapitres 8 à 10 et 24. 10-23) servent de contexte aux questions législatives. La seule autre forme d’expression employée dans le livre –l’exhortation finale prononcée par Moïse au chapitre 26 est encore suivie d’un appendice qui n’est autre qu’un ensemble de lois servant à régler certains questions n’ayant pas caractère d’obligation (cf. chapitre 27).

L’auteur

En plus de cinquante endroits, le livre du Lévitique prétend être le fruit de paroles adressées directement par Dieu à Moïse. Le Nouveau Testament présente lui aussi une citation de ce livre lorsqu’il déclare : « En effet, Moïse écrit … » (Rom. 10. 5). Les critiques qui estiment que le Lévitique a été écrit environ mille ans après Moïse sont obligés, pour parvenir à leurs fins, de sacrifier toutes les évidences bibliques. Les Écritures elles-mêmes décrivent ce livre comme un don fait à Israël peu de temps après que Dieu les ait adoptés comme Son propre peuple par alliance. Ils avaient reçu la loi morale –le Décalogue (Ex. 20)- et la présence de Dieu était venue habiter dans le tabernacle qui venait d’être achevé. C’est ensuite qu’apparut le Lévitique, comme Dieu l’avait promis : il allait servir de guide dans la vie et l’adoration du peuple d’Israël. Les lois qu’il contenait et les évènements historiques dont il était parsemé ne recouvraient en réalité qu’un laps de temps très court, depuis la fin de la construction du tabernacle jusqu’au départ des Israélites du Mont Sinaï, moins de deux mois plus tard, en mai de l’an 1445 avant J.-C., selon la date adoptée par la plupart des autorités évangéliques.